Objets connectés : Quels enjeux pour le big data ?

Internet connecté : quels enjeux pour le Big Data ?

L'internet des objets est la première vraie Révolution technologique du XXle siècle

Mémoire professionnel Hélène MULLER – LP MCI Année 2014

Ce mémoire est publié avec l’autorisation de son auteur à titre de contribution à la connaissance, toute reproduction est interdite, le contenu de ce mémoire n’engage ni l’Université d’Evry Val d’Essonne, ni l’IUT d’Evry Val d’Essonne, ni l’Efreitech

Sommaire

Introduction

I/ L'objet connecté, cheval de Troie du Big Data

A/ Objets connectés, de nombreuses utilisations pour faciliter la vie quotidienne
B/ L'objet connecté au service du professionnel

II Des enjeux aux multiples facettes

A/ Un formidable outil prédictif pour l'entreprise
B/Des enjeux pour l'ensemble des acteurs

III Big Data, Big Brother?

A/ Un formidable outil prédictif pour l'entreprise
B/Des enjeux pour l'ensemble des acteurs

Conclusion


Introduction

Depuis la première apparition du réseau connecté Arpanet, le monde technologique n'a cessé d'évoluer. Les premières études datant de 1950 estimèrent que le marché mondial des ordinateurs représenterait une cinquantaine de machines. Soixante-quatre ans plus tard il se vend treize machines chaque seconde. De plus, depuis 2010 le nombre de smartphones et de tablettes connectés vendus est en plein essor. Les internautes ont besoin de surfer vite et partout. Ainsi, le volume d'achat de tablettes a dépassé celui des ordinateurs traditionnels en

2013. Ces avancées technologiques font sans cesse évoluer les habitudes de consommation, ainsi le M-commerce est en constante progression : l'an dernier, en France, il faisait un bond de 106%.

Les internautes utilisent le web pour diverses applications : achats en ligne, stockage, envoi et réception d'emails, interaction sur les réseaux sociaux, recherches diverses etc. L'ensemble de ces actions représente un volume de 2.5 trillions d'octets de données produites quotidiennement. Cette masse de données est communément appelée le Big Data ou depuis le 23 aout 2014 métadonnées. Ce terme aurait été évoqué pour la première fois en 2001 mais a été rendu populaire en 2008 par le cabinet d'étude Gartner. Depuis les années 2000, les spécialistes de l'Internet ont conscience que la masse d'information fournie par les internautes ou mobinautes est une mine d'or pour les entreprises.

Plus prochainement, l'avènement des objets connectés sera l'occasion de s'interroger davantage sur la gestion intelligente des datas. Ces petits objets qui envahiront notre quotidien sont sur le point d'accroître le nombre de datas produits par l'Homme, ainsi entre aujourd'hui et 2020 la quantité d'information sera multipliée par 10. Permettant de créer des données encore plus personnelles et qualifiées les objets connectés bousculent les enjeux en matière de big data. Il faudra encore plus structurer les données, mieux les analyser et surtout pouvoir les stocker. L'essor annoncé des objets connectés aura un impact certain à tous niveaux. Dans un premier temps sur la vie quotidienne des utilisateurs. La vie deviendra plus simple et plus contrôlable. Compte tenu du large panorama qu'offrent les objets connectés, l'utilisateur trouvera le ou les objets qui lui correspondront. Que ce soit en matière de santé, de sécurité ou de domotique, il est estimé que chaque personne détiendra 50 objets d'ici 2020.

Cette avancée technologique aura un impact gigantesque pour l'ensemble des entreprises. Tant au niveau de l'utilisation notamment dans le milieu médical mais surtout dans la mine de datas produits par ces petits appareils. La relation CRM n ' en sera qu'améliorée et cela sera également l'occasion de prendre de l'avance sur la concurrence.
Les gouvernements non plus ne passeront pas à côté du potentiel dégagé par les objets connectés, notamment la France qui se rêve d'être leader sur le marché.
Cependant, cette génération massive de datas apporte son lot de craintes, une étude datant de février 2014 réalisée par le CSA pour Orange montre que 85 % des Français sont préoccupés quant à la protection de leurs données personnelles. Ce chiffre alarmant nous rappelle les enjeux autour des données issus du Big Data.
Les entreprises seront-elles aptes à traiter les données, auront-elles les moyens pour le faire, comment la loi encadrera-t-elle cela ? Autant de questions auxquelles je vais essayer de répondre pour le mieux durant ce mémoire.
L'arrivée de ces nouveaux objets est considérée par les experts comme la deuxième révolution de l'Internet. Les objets connectés offrent une évolution considérable dans la vie de chacun. La mise en lumière de cette évolution combinée à la prise de conscience grandissante quant à la protection des données nous amène à nous interroger sur le lien entre ces deux notions. Ainsi mon mémoire de fin d'étude aura comme problématique : objets connectés, quels enjeux pour le Big Data ?
De ce fait, nous verrons dans un premier temps un panorama des différents objets connectés, en second lieu les enjeux découlant de ceux-ci et dans une troisième partie nous nous intéresserons à la sécurité des données.

I/ L'objet connecté, cheval de Troie du Big Data

Depuis plusieurs années, le terme de Big Data aussi appelé datamasse est au cœur de toutes les stratégies. Les nouvelles technologies découlant de l'apparition d'Internet font exploser le nombre de données numériques en circulation. En effet, 90% des données mondiales ont été créées, seulement, depuis 2012. Ainsi l'avancée en matière de visualisation, les progrès logiciel en matière d'analyse, l'arrivée du cloud ou encore l'automatisation des échanges de données à travers tous types de supports : ordinateurs, smartphones, tablettes et tout récemment objets connectés ont permis de faire naître la gestion intelligente des datas.

Le Big Data est caractérisé par la règle des trois V : Volume faisant rapport à la masse d'information, Vitesse car les données sont désormais capturées et traitées en temps réel et Variété car les données brutes peuvent être structurées {20%) ou non {80%).

Le second élément qui a permis l'avènement du Big Data est le contexte sociétal. Les nouvelles composantes de la communication ont favorisé l'expansion de la communication numérique notamment grâce aux emails, à Facebook ou encore à Instagram. Cette communication virtuelle a contribué à la production de données susceptibles d'intéresser les entreprises. Un des nombreux enjeux du traitement des données reste la potentielle monétisation de celles-ci.

Ces données sont créées et collectées par tous types d'acteurs : les particuliers, les entreprises, les institutions publiques, etc. Jusqu'à lors ces données étaient produites grâce aux réseaux sociaux, aux blogs ou forums, au commerce électronique, aux moteurs de recherche, a blettes mais bientôt un nouveau type de matériel devrait faire exploser le nombre de datas produits chaque année dans le monde : les objets connectés.

L'objet connecté devient un formidable réceptacle de données, permettant de capter un maximum d'informations sur son utilisateur, en toute discrétion. Cette technologie prometteuse est sur le point de faire évoluer encore un peu plus le Big Data et ses enjeux. En effet, cette évolution technologique participe à accroître de manière exponentielle le nombre de datas produit par l'Homme, ainsi on estime qu'entre aujourd'hui et 2020 la quantité d'information sera multipliée par 102

A/ Objets connectés, de nombreuses utilisations pour faciliter la vie quotidienne

En 2010, nous comptions 4 milliards d'objets connectés à travers le monde. Nous estimons qu'en 2020 ils seront au nombre de 80 milliards (cf annexe 2)

occidentaux, chaque personne détiendra 50 idO. Ce nouveau marché, en plein essor, promet de générer jusqu'à 1.4 trillion de dollars de chiffre d'affaires.

Dans un premier temps, voyons plus précisément ce à quoi fait référence le terme d'objet connecté aussi appelé internet des objets ou encore IdO. La définition la plus courante est « L'internet des objets est un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d'identification

électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d'identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s'y rattachant. »(3)

Ces petits objets font appel à différentes technologies. Le langage n'étant pas normalisé, chaque constructeur utilise la technologie qu'il souhaite : La radio identification, la communication en champ proche, les capteurs, le Bluetooth ou encore la wifi. Le processus repose sur un système sophistiqué qui repose sur le lien entre le stockage et le traitement de la data. Un objets : une identification, une sensibilité à l'environnement qui l'entoure, une interactivité et une autonomie.

2 Chiffres communiqués par l'EMC lors de la 7ème édition de son étude digitale

3 L'Internet des objets de Pierre-Jean Benghozi, Sylvain Bureau et Françoise Massit-Folléa, Edition MSH)


Le premier objet connecté à avoir vu le jour est la lampe DAL créée en 2003 par Rafi Haladjian. Les technologies étant très onéreuses à l'époque, seules cinquante personnes se sont offerts cet objet à 790 euros. Elle proposait déjà les fonctionnalités que nous connaissons actuellement : la météo, les cours de la bourse, les emails etc.

11 ans plus tard, l'objet connecté se démocratise et intéresse tous types de publics grâce aux nombreuses applications possibles. Les secteurs où les idO sont en phase d'exploser d'ici quelques mois sont la santé, la maison intelligente et la sécurité. Ces petits objets sont sur le point de changer nos vies et surtout notre mode de vie.

Les constructeurs ont bien compris que les consommateurs étaient prêts à faire le pas pour s'équiper. Chaque jour de nouveaux objets sont développés à l'intention du grand public et des professionnels. En matière d'objets grands publics le choix déjà présent sur le marché est extrêmement riche et varié. Voyons, à présent, un panorama des différents objets connectés sur le marché.

Parmi les grands classiques des objets connectés, dont une partie de la population est déjà

équipée, nous pouvons citer les bracelets traqueurs d'activité qui mesurent le niveau d'exposition au soleil ou encore la Withing WS-50, la célèbre balance connectée. Elle permet de connaître son poids, sa masse graisseuse, sa masse musculaire, son rythme cardiaque, la température de la pièce dans laquelle l'utilisateur se trouve.

Selon un récent rapport(4), les consommateurs sont particulièrement intéressés par les objets qui leur permettront de suivre leur sommeil, ainsi depuis plusieurs mois nous avons vu naître de petits objets aussi pratiques les uns que les autres : Aura qui permettra à l'utilisateur grâce

à trois éléments {un à poser ayant pour mission d'analyser l'environnement nocturne, un capteur de sommeil, une application mobile) d'être en forme grâce à un sommeil réparateur.

4 Etude réalisée par Forreste


Parmi les inventions qui changeront la vie, notamment des malades, nous pouvons citer :

Bioserenity Cet objet se présente sous la forme d'un tee shirt, il permet de faire avancer la recherche et de prévenir les crises d'épilepsie qui touchent 50 millions de personnes dans le Monde et 450 000 en France. Pour se faire, les données sont poussées vers un système Cloud. Puis, par des analyses de Big Data, des rapports sont mis à la disposition des chercheurs. On améliore ainsi les chances d'en savoir plus sur cette maladie afin d'en assurer une prise en charge plus efficace.
Une seconde invention qui a fait parler d'elle ces derniers mois est l'e- Stylus primé au concours Lépine. Imaginé par des étudiants, cet objet sera utile à 5 millions de personnes en France. Commandé par un smartphone, il sera capable d'injecter la bonne dose d'insuline aux personnes diabétiques, sécurisant ainsi les éventuelles erreurs de traitement.
Dans la même optique, Medipac, le pilulier intelligent, permet de s'assurer que le malade prend bien son traitement. Pour se faire, la famille peut consulter sur une application dédiée l'heure de la prise et la quantité.
L'un des marchés prometteurs est sans conteste celui des objets connectés se rapportant au marché de la puériculture : de la poussette connectée au pèse bébé en passant par Tedi, l'ourson connecté capable de prendre la température du nourrisson. En effet, les parents devraient s'équiper massivement avec ces objets qui auront pour but de les rassurer sur la santé, le bien-être et la sécurité de leurs jeunes enfants. Dans ce contexte, la data est au service de la tranquillité des Hommes.
Le second domaine où l'objet connecté à fait une entrée fracassante est la maison. En effet, l'intérêt du consommateur pour la domotique est croissant (cf annexe 3),

Des objets tous plus utiles les uns que les autres :

Parrot Flower Power

Depuis quelque temps, le jardinage connecté est à l'honneur grâce au Parrot Flower Power.
Rien de plus facile pour ne plus voir ses plantes s'éteindre en quelques semaines : Il suffit de planter l'objet dans la terre. L'utilisateur recevra une alerte sur son smartphone lorsqu'elles devront être arrosées ou être éloignées du soleil.

Le bureau n'est pas en reste. Durant mes recherches, j'ai pu découvrir un stylo encore sous forme de prototype mais qui pourrait voir le jour très prochainement : Scribble, capable d'écrire avec 16 millions de couleurs différentes.

Myfox

La domotique est très prisée par les utilisateurs, ainsi, Myfox permet d'activer son alarme à distance ou encore d'ouvrir ses volets.
Home kit, quant à lui, a été présenté en juin dernier par Apple et permet de gérer toute la domotique présente au domicile de l'utilisateur en passant par une seule application disponible sur IOS. De plus, en une simple demande à Siri les actions seront réalisées instantanément.
beaucoup de ces petits objets est incontestablement la sécurité. Ainsi les constructeurs imaginent de jour en jour des objets aussi intelligents que sécurisants :

Gaspard

Gaspard fait office de garde du corps tout en étant aussi grand qu'une mouche. Il est doté d'un système de géolocalisation qui permet de situer l'utilisateur en cas de danger grâce, une fois de plus, à la technologie Bluetooth. Il alerte les proches mais également des inconnus qui se trouvent à proximité. L'objet ne pouvant pas faire changer les mentalités, il est prévu qu'en cas d'aide, le « sauveur » recevra des cadeaux de félicitation.
Guardian Angel occupe la même fonction mais se présente sous la forme d'un bijou pour satisfaire la clientèle féminine.

B/ L'objet connecté au service du professionnel

Les médias communiquent davantage sur les objets connectés à destination du grand public mais les professionnels ne sont pas en reste. Des idO se développent en tenant compte des spécificités de chaque métier.

Ainsi, Les Evena Eyes se rapprochant fortement des Google Glass ont été développées par Epson à destination du personnel hospitalier. L'objectif est d'effectuer des piqûres indolores pour améliorer le confort des patients. Celles-ci ont été lancées début 2013 au niveau mondial. Nous pouvons anticiper et imaginer que dans un avenir proche ces lunettes deviendront de réels objets connectés et qu'ainsi elles seront capables d'analyser elles-mêmes le sang du patient et délivrer un résultat immédiat sur le smartphone professionnel du personnel de santé.

En juillet 2014, Toshiba a annoncé lancer sur le marché un appareil destiné à faire gagner du temps aux équipes médicales. Le médecin aura accès à tout moment à l'état de santé de son patient. Cet objet connecté se présente sous la forme d'un galet long de 6.7 centimètres. Il permettra de suivre à distance et en temps réel via une application installée sur un smartphone l'état du patient : sa température, sa fréquence cardiaque ou encore les mouvements effectués par celui-ci. Si nous allons un peu plus loin, outre le fait d'assurer un réel suivi, cette technologie pourra permettre d'optimiser la place dans les instituts médicaux. Ainsi, il est fort probable que dans les prochaines années, une grande proportion de patients âgés pourrait être suivie directement à leur domicile plutôt que dans les hôpitaux. Pour les cas sans réel risque, les médecins n'auront plus besoin de les garder en observation grâce à la réception de datas en temps réel. La majorité des personnes âgées sont désormais des « Silvers surfeurs ». Les 50 ans et plus représentent la première catégorie de cyberacheteurs soit 30% du total. L'arrivée massive de la tablette a permis à ce segment d'apprivoiser les technologies de l'Internet. On peut donc imaginer qu'ils pourront se servir de cet objet en toute facilité.
Le secteur automobile peut lui aussi tirer parti des objets connectés. Depuis quelques années, les ventes de voitures neuves sont en déclin et les marges se réduisent d'année en année. Les constructeurs se doivent d'innover et de ne pas commettre d'erreur, notamment en ce qui concerne le design. Canon, l'a bien compris et propose donc le Mreal. Cet idO se présente sous la forme de lunettes futuristes et fait appel à deux technologies : le Bluetooth, pour transmettre la data, et la réalité augmentée. L'objectif est de se rendre compte directement si l'idée d'un modèle est viable ou non, sans avoir eu à réaliser, au préalable, un prototype. Les équipes pourront visualiser en 3D et réaliser directement le modèle final. Le temps gagné permettra ainsi de réduire considérablement le délai de mise sur le marché.
Cette liste est non exhaustive, ainsi le développement des objets connectés va concerner tous les domaines. Mais concrètement comment cela fonctionne ? Deux technologies sont majoritairement utilisées : En premier lieu, la solution RFID {Radio Frequency Identification) qui se compose d'une puce et d'une antenne. Cette technologie assez ancienne permet de recevoir et de répondre aux requêtes radio émises depuis l'émetteur- récepteur. Elle a été insérée dans l'objet connecté afin de lui permettre de communiquer et de transmettre des datas
à d'autre idO. La seconde technologie utilisée est le middleware : elle est indispensable car elle permet de gérer les interfaces entre les différents systèmes nécessaires au bon fonctionnement de l'idO. Cette solution est majoritairement utilisée pour le contrôle à distance.

II/ Des enjeux aux multiples facettes

A/ Un formidable outil prédictif pour l'entreprise

1/ Le marketing de l'incertain, l'art de décrypter les traces numériques

Les responsables marketing ont toujours consacré une part importante de leur budget à la recherche de nouvelles données sur le comportement du consommateur et sur les moyens de renforcer l'image de marque tout en affinant leurs modèles de segmentation client.

Contrairement aux analyses marketing traditionnelles, où les données sont identifiées et gérées dans des bases de données en fonction d'un objectif recherché, les métadonnées permettent aux entreprises une vision prospective des marchés.

Plutôt que de traiter des données empiriques recueillies antérieurement pour en déduire l'avenir, le recueil des données issues du Big Data permettra d'envisager de nouveaux questionnements. L'Entreprise passe ainsi de petits échantillons représentatifs issus d'études de marché à un flux de données de grande ampleur, quasi ininterrompu. Cette nouvelle façon de penser le traitement de l'information nécessitera un changement de modèle pour les entreprises qui exploiteront ces possibilités, qui nécessitera sans aucun doute une période d'adaptation.

Par exemple, le Big Data permet l'analyse des « signaux faibles » grâce au flot de données, afin d'en déduire des éléments de décision, et au niveau marketing, des éléments de décryptage de tendances à venir. Il représente une formidable matière première pour les entreprises qui sauront en exploiter les capacités.

Les deux grandes familles d'applicatifs concernées sont d'une part le temps réel, où on va constituer du Big Data pour comprendre des comportements et réagir sur l'instant; d'autre part, il y a le Big Data en « batch », orienté sur les données froides, où l'on va constituer de grands stockages de données, pour pouvoir analyser les comportements et prendre des décisions avec plus de recul sur les comportements des machines, des personnes, des objets.

Jusqu'à présent, lorsque nous nous interrogions afin d e savoir à qui profiterait l'explosion des données, nous pensions automatiquement aux entreprises. L'explosion d'internet et considérablement la relation CRM {Customer Relation Management). La grande majorité des entreprises analysent les données pour proposer toujours plus de services au bon utilisateur et au moment le plus opportun. Elles ciblent plus efficacement leur clientèle, vendent plus, communiquent mieux et arrivent à fidéliser. Un traitement intelligent des datas permettra à celles qui l'ont compris d'augmenter leurs performances de 20%(5) comparé à un concurrent lambda. Cependant, à l'heure actuelle, une faible part des entreprises utilisent les datas à bon escient ; En effet, pour être utile, une donnée doit être identifiée. Les entreprises qui tireront le plus parti de cette mine d'information seront celles qui ne miseront pas sur la quantité mais sur la qualité des informations recueillies. Certaines ont déjà adopté la pratique du smart data : le but est de faire le tri entre les informations qui sont pertinentes et celles qui ne le sont pas car le risque qui guette l'entreprise est de ne pas pouvoir extraire de manière fiable et qualitative les données et ainsi de s'exposer à une vision erronée ou incomplète de la réalité. La complexité de traitement des données, outre la quantité, réside dans le caractère disparate de leur forme et de leur origine. Individuelles, multiples ou éparses, les traces numériques si elles sont prises isolément n'ont pas de valeur. Leur valeur vient du sens qu'on arrive à leur donner en les analysant Le traitement des données fournies par les objets connectés se déroule en trois étapes : l'ingestion de données, le stockage de données et l'analyse.

Il est nécessaire de conceptualiser les données et les mettre en relation avec d'autres pour qu'elles permettent de caractériser, de modéliser l'individu numérique, de décrypter et de prévoir ses mouvements futurs. Il est aujourd'hui possible de traiter ces flux importants du fait de la puissance de traitement informatique qui est beaucoup moins onéreuse qu'il y a quelques années. Les ressources machines sont mutualisées, accessibles via le « cloud » et les coûts de stockage dans les data centers ont fortement diminué. Malgré tout, les infrastructures nécessaires au traitement des données écartent du marché les petits acteurs qui ne disposent pas des moyens nécessaires à leur exploitation {serveurs, data centers, algorithmes..) La valeur stratégique réside pour l'entreprise dans l'analyse car c'est d'elle que découleront les prises de décisions alors que paradoxalement ce seront le tri et le stockage qui demanderont le plus d'investissements financiers.

5 Chiffre estimé par le cabinet IT Gartner


Ainsi, en juin dernier nous avons vu arriver Salesforce Wear la première solution qui sera sans aucun doute suivie par beaucoup d'autres. Ce framework a été étudié pour traiter la forme de données générées par les idO. De ce fait, comme pour le traitement des datas sur les autres canaux, l'un des enjeux phare qui se cache dans l'analyse des données issues des objets connectés reste la fidélisation de la clientèle tout en améliorant l'Average Revenue Per User(6). Comme la majorité des équipements technologiques, l'objet connecté observe une certaine récurrence en termes d'achats. Que ce soit les consoles vidéo, les smartphones ou tablettes, le consommateur s'équipe de l'objet principal et complète cet achat par des jeux ou des applications. Les objets connectés sont basés sur ce même modèle économique. Prenons l'exemple de Withings, qui a développé le bracelet traqueur d'activité, la balance connectée ou encore le tensiomètre connecté. Toutes les données produites par cette série d'objets se retrouvent, grâce à la technologie Bluetooth, au sein de la même application. Etant traitées en temps réel, à chaque donnée collectée l'application envoie des push pour pousser à s'équiper davantage. Vous indiquez vouloir perdre du poids ? L'application vous propose de recevoir par mail des informations sur le traqueur d'activité de la marque. Vous fixez vos objectifs ? Un kilo en moins chaque semaine et là l'application vous conseille d'installer Myfitnesspal pour y rentrer l'ensemble de vos menus ou encore Runkeeper. L'application est accessible à toute personne équipée d'un smartphone ainsi nul besoin d'avoir acheté un objet connecté. Nous sommes d'ores et déjà nombreux à utiliser cette application pour gérer les données entrées manuellement : journal alimentaire, parcours sportif ou mesure de l'activité cardiaque grâce à l'Iphone 5S. Le consommateur, sans forcément en avoir conscience, est déjà fidèle à Withings et s'équipera sûrement des objets de la marque. Par habitude tout d'abord et surtout pour ne pas perdre les données enregistrées jusqu'à lors.

6 Ce terme signifie en français le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé par une entreprise avec un client. Utilisé majoritairement par les opérateurs de télécommunication, le terme s'étend aujourd'hui au secteur des nouvelles technologies.


2/ Des données au service de la compétitivité

Dans un premier temps, l'arrivée des metadonnées permet de redynamiser le secteur des nouvelles technologies. Des Startups françaises se développent chaque jour telles que Netatmo, Withings ou encore Bleubee. Pour les entreprises déjà existantes sur le marché des nouvelles technologies {Samsung, Apple, LG etc.), innover dans le secteur leur permettra de s'imposer et de faire évoluer leur image de marque. Ces marques ci n'ont clairement pas le choix, compte tenu de la pression concurrentielle, elles se doivent d'avancer pour rester dans la course.
Avoir accès à autant de données et s'investir massivement dans le Big Data est leur nouvelle arme pour ne pas perdre de part de marché. L'Histoire nous a démontré qu'une entreprise incapable d'innover pouvait être proche de la faillite. C'est notamment le cas de l'entreprise BlackBerry en matière de téléphonie mobile.
Le business model de la plupart des entreprises qui développent actuellement les objets connectés est basé sur l'échange d'informations. Elles pourront tirer parti de cette nouvelle technologie si et seulement si elles sont en capacité de traiter la masse d'information, c'est à dire de manière prospective.
Pour les utilisateurs du Big Data cette nouvelle manière de traiter les données est capitale : comment pourraient survivre Facebook, LinkedIn ou encore Viadeo sans analyses poussées des données ? Il est impossible de fournir aux abonnés un service de qualité. Quant à elle, l'entreprise Critéo a été leader du retargeting grâce à son exploitation poussée du Big Data. Son traitement des données en temps réel lui a permis de s'imposer sur le marché français et, pour se démarquer encore un peu plus de la concurrence, s'offre le luxe d'ouvrir un centre de recherche et développement sur le Big Data : Criteo Labs. Nous pouvons peut être imaginer une fin aussi favorable aux exploitants d'objets connectés. La data a permis et permettra à bon nombre d'entreprises de s'enrichir et de s'imposer face à la concurrence. Une part croissante de consommateurs commence à s'habituer à la publicité ciblée, au mailing personnalisé, à la géolocalisation. Il est donc imaginable, je suppose, que le consommateur puisse voir apparaitre de la publicité sur ses objets connectés. Reprenons Flower Power, l'idO capable de vous indiquer quand et comment arroser vos plantes, ajoutez lui un écran et là : votre plante est bientôt en fin de vie ? N'oubliez pas d'aller chez Truffaut à 2.5 kilomètres où se trouve cette
même variété à 29.99€ qui en réalité vous reviendra seulement à 19.99€ grâce au code promotionnel qui s'affiche. Ne serait-ce pas un bon moyen pour les entreprises traditionnelles de drainer du trafic grâce à la data fournie par les objets connectés ?
Si les objets connectés, en corrélation avec le Big Data, permettaient aux entreprises traditionnelles d'évincer la concurrence grâce à des services toujours plus évolués ? Une grande majorité des services marketing savent aujourd'hui que les objets connectés sont un maillon essentiel de leur business. Ainsi grâce à cette nouvelle technologie les magasins deviennent eux aussi connectés. En effet, dans l'univers de la mode, l'objet connecté fait une entrée fracassante Outre-Atlantique. De nombreuses enseignes telles que Pinkett ou Valley Girl ont décidé d'installer des miroirs connectés. Le client peut désormais se prendre en photo pour comparer plusieurs tenues. Il peut aussi envoyer son cliché sur les réseaux sociaux afin d'avoir l'avis de ses amis et faire le bon choix. Outre le fait de récupérer de la data sur ses consommateurs, ces enseignes ont bien compris l'impact de l'objet connecté sur l'expérience utilisateur.
En France, l'enseigne Darty s'est équipée de la technologie I beacon se présentant sous la forme de petites bornes qui permettent de tracker les mouvements des clients grâce à leur smartphone. A chaque entrée dans le magasin, la borne récupère son historique d'achat et son identité. L'enseigne géolocalise ensuite le client pour lui envoyer les promotions du rayon où il se trouve. Cette technologie offrira également au consommateur la possibilité de payer avec Paypal en magasin.
A l'heure actuelle, les objets connectés seront utiles en interne. Les entreprises du monde entier en sont principalement, dans leurs recherches, au point 4 sur une échelle de 1 à 10, et elles sont légèrement plus susceptibles d'utiliser l'IdO pour les opérations et les processus internes que dans des produits ou des services externes. De plus, miser sur les objets connectés en interne pourrait augmenter sa marge opérationnelle.

L'un des enjeux en terme de stratégie réside dans le temps court et le rythme élevé de péremption de celle-ci qui, même bonne à un instant T , devient obsolète à partir du moment où l'environnement a changé. C'est ici que l'exploitation des métadonnées permet à une entreprise d'être réactive, car plutôt que de bâtir des scénarios stratégiques à long terme basés sur les études passées, la vision prospective qu'offre le Big Data permet d'envisager des stratégies nouvelles, un meilleur suivi d'activité et à terme une augmentation des parts de marché.

B/Des enjeux pour l'ensemble des acteurs

1 Outil de partage pour le consommateur

Le premier intérêt évident pour l'utilisateur quant à l'utilisation d'objets connectés est de se rendre la vie plus simple. L'ensemble des idO comme par exemple un réfrigérateur qui fait la liste de courses permet de gagner un temps considérable dans la vie quotidienne. Certes ils ne sont pas indispensables, mais dans un monde de technologies comme le nôtre, ou nous cherchons sans cesse à optimiser notre temps, c'est un atout non négligeable.

Cette génération massive de data offre des enjeux beaucoup plus sérieux touchant notamment au domaine du bien-être et de la santé. En effet, cette multiplication de graphiques et de statistiques est une grande source de motivation. Les objectifs de chacun ne sont plus flous, ils prennent une dimension concrète grâce aux chiffres.

Les datas produites par les objets connectés ont permis l'émergence du quantified self ou « auto mesure de soi » en français. Cette pratique repose sur une intention volontaire de créer et de transmettre des données sur sa santé ou ses performances physiques. La finalité est de se servir de la technologie pour gérer et contrôler son état de santé. Le quantified self a connu son apogée aux Etats-Unis. Aujourd'hui 1 américain sur 2 est adepte de cette pratique. Pour la majorité, le fait d'avoir des données chiffrées permet le dépassement de soi grâce aux objectifs fixés par les différentes applications. C'est vrai, ayant seulement testé l'application Withings sans avoir eu la chance, pour le moment, de m'équiper en terme d'objet connecté, nous avons tendances à faire plus attention à tout. Marcher plus pour atteindre l'objectif, contrôler son alimentation car tout est consigné, se détendre avant d'enregistrer son rythme cardiaque etc.

Jusqu'à présent une seule étude concernant l'impact sur la santé des objets connectés a été menée par My santé mobile en France (CF annexe 4).

parfois surprenants de cette étude : 1000 utilisateurs ont eu l'opportunité de se voir remettre un objet connecté, chacun était libre de s'en servir ou non, partiellement ou tout au long de

l'étude. Les personnes l'ayant utilisé plus de 21 jours ont fait 7962 pas par jour lorsque les autres abandonnèrent au bout de seulement 10 jours et en faisaient 6185 par jour. Nous voyons que les utilisateurs réguliers d'idO ont donc plus marché. Parmi les participants, 69 % voulaient maigrir, 44% ont réussi et en grande majorité ceux utilisant le trackeur d'activité connecté.

uliers ou non de l'objet connecté {graphique réalisé par my santé mobile)

Selon l'utilisateur de l'objet, la motivation à user du quantified self peut être différente. Le premier est la tendance, ce qui est nouveau attire surtout si des peoples en font la promotion. Il suffit de se rendre sur le nouvel observateur pour voir que Katy Perry, Pharrell Williams ou encore Gwyneth ne se séparent plus de leur bracelet traqueur d'activité. Quant à lui, en plus d'être un fervent utilisateur, Will.I.am a lancé sa propre montre connectée. Logiquement, incessamment sous peu beaucoup d'adolescents en seront équipés.

La seconde est l'envie de se comparer. Propulsés par la communication virtuelle, beaucoup souhaitent comparer leurs progrès aux autres. Ainsi avec l'avènement des réseaux sociaux, la quasi majorité des applications ont intégré un bouton de partage vers Facebook, Instagram ou encore Pinterest. Je pensais jusqu'à lors que seuls les digital natives aussi appelés génération Y étaient concernés par cette diffusion massive d'informations mais la réalité montre notamment pour les objets connectés liés au sport que l'ensemble de la population publie ses prouesses. Les objets connectés tirent parti de l'exposition croissante de la vie privée.

Un autre enjeu, quelque peu différent mais toujours en rapport avec le quantified self : Les Big Data produites par les objets connectés peuvent faire réaliser des économies aux utilisateurs. L'information a fait grand bruit en juin dernier, Axa, la célèbre compagnie d'assurance, propose à 1000 nouveaux clients de gagner un podomètre connecté. En plus de cela, l'utilisateur gagnera un chèque cadeau médecine douce d'une valeur de 100 € dès 10 000 pas réalisés en une journée ou 50€ pour 7000. Ceci est la première opération de ce genre en France. Le but est d'habituer progressivement les souscripteurs à divulguer leurs informations. En contrepartie, les complémentaires santé fonctionneront sur le modèle de l'assurance voiture : nombre de kilomètres roulés égal nombre de kilomètres payés, le montant des cotisations se basera sur les efforts accomplis par l'assuré pour avoir un mode de vie sain. Mais cette connexion très personnelle entre assureur et assuré ne soulève-t-elle pas des interrogations quant aux enjeux sécuritaires ?

2 Outil de croissance pour l'économie

Le Big Data nécessite de faire appel à des compétences nouvelles pour la capture, le stockage, la recherche, le partage et l'analyse des données, aussi, de nouveaux métiers, propres au Big data voient le jour dans le monde, et récemment en France : par exemple ceux de Data Analyst et de Data Scientist, qui doivent utiliser des techniques statistiques et des outils informatiques spécialisés afin d'organiser, de synthétiser et de traduire les informations dont les entreprises ont besoin pour faciliter les prises de décision. Par ailleurs, le développement du Big Data devrait entraîner rapidement l'évolution et la spécialisation de métiers existants, que ce soit dans le domaine des bases de données ou dans des domaines liés par exemple au design et à la sécurité ue de nombreux autres acteurs. Les fabricants de semi-conducteurs {Intel, STMicroelectronics...) et de cartes à puce {Gemalto), les fournisseurs de capteurs, les équipementiers de réseaux {Cisco, Ericsson). Les opérateurs télécoms estiment également avoir une carte à jouer.
Les pouvoirs publics s'intéressent particulièrement à la filière « Objets connectés », qui fait partie des 34 plans d'actions destinés à relancer l'industrie française. Il est d'ores et déjà envisagé par le gouvernement de jouer un rôle par le biais de mesures incitatives que ce soit en matière de financement ou de commandes publiques. Avec la création prévue d'ici 2015
d'une Cité des objets connectés à Angers, le territoire se positionnera comme fer de lance de cette filière industrielle émergente. Propice au développement et à la production de ces objets connectés, elle rassemblera les designers, assembleurs et sous-traitants de la plasturgie et de la mécanique, ainsi que les établissements de formation et recherche, afin de mettre au point les nouveaux objets de cette révolution numérique. Cette nouvelle ère de l'objet connecté représente une manne pour les porteurs de projet et les entreprises qui peuvent trouver là une opportunité de créer de nouvelles technologies qui pourront être utilisées par des millions de consommateurs.
La France n'est pas seule dans la course aux objets connectés. Une grande majorité des puissances mondiales devraient être impactée par l'arrivée des objets connectés notamment les Etats Unis. Fin 2013, IDC a classé les pays du G20 selon leurs opportunités de gain. Il s'est révélé que les Etats-Unis occupent la première place. Cela peut s'expliquer par le potentiel dégagé par la Silicon Valley. 1/3 des gains générés par les objets connectés seront au bénéfice des Etats- Unis. Cela est dû à leur avance en termes de législation et de stabilisation du cadre légal autour des objets connectés. L'autorité fédérale de régulation des communications travaille à propulser l'idO en proposant un élargissement de la bande passante sur l'ensemble du territoire.
La Corée du Sud occupe la seconde place du classement érigé par IDC notamment grâce à ses villes connectées. Ce pays fait partie de ceux où le taux de pénétration des objets connectés est le plus fort. S'imposer dans ce secteur pourrait drainer l'économie et démontrer son savoir- faire au monde.
A l'instar des Etats-Unis, l'Allemagne a commencé depuis 2012 à s'intéresser au bien-fondé des objets connectés pour l'économie. Angela Merkel mise sur le potentiel industriel du pays reconnu dans le monde entier grâce à ses avantages comparatifs. Consciente des retombées certaines, l'Allemagne se dotera d'usines intelligentes dès 2020.

III- Big Data, Big Brother?

 

A/ Sécuriser les données, une nécessité pour l'entreprise

Comme nous l'avons vu précédemment la majorité des secteurs sont concernés par l'arrivée des objets connectés. Les datas peuvent être d'une très grande utilité que ce soit pour les utilisateurs, la recherche et les entreprises mais une bête noire vient ternir l'image si parfaite de ces petits objets qui inonderont bientôt notre quotidien : la sécurité. Après la crise subie par Facebook au sujet des données personnelles, les consommateurs sont devenus plus exigeants quant à la protection de celles-ci. Ainsi l'aspect de la sécurité reste le plus préoccupant derrière le prix lorsqu'il s'agit de s'équiper. D'autant plus que les études diffusées sont alarmistes : les failles se situent tant au niveau de l'utilisateur, du transfert des données que du stockage de celles-ci.

Les utilisateurs français sont 85% à s'inquiéter au sujet du devenir de leurs informations lors de l'utilisation d'objets connectés. L'objet connecté devient peu à peu le cookie physique, terme

évoqué par Stéphane Darracq, le PDG de Makazi groupe. Collectant des données en continu, nous sommes en droit de nous demander si nos données sont en sécurité. Comme nous l'avons vu précédemment dans la partie présentant les objets connectés, ceux-ci sont directement reliés à une application mobile. Or, 20 % des données envoyées ne seraient pas cryptées.

Au contraire des ordinateurs, smartphones ou tablettes, les anti-malware ne sont pas encore présents sur les objets connectés ce qui laisse libre champs aux personnes mal intentionnées. Dans une étude menée par HP, 7 objets sur 10 ne protégeaient tout bonnement pas les données des utilisateurs et 60% d'entre eux ne sécurisent pas les mises à jour logicielles. Comme je le pensais et comme une grande majorité de la population pouvait le penser, la menace ne vient donc pas seulement des entreprises mal intentionnées qui pourraient transmettre nos données à des tiers mais aussi des pirates capables d'intercepter l'ensemble de la data en circulation. Pour cela, rien de plus simple à cause du système Bluetooth 4.0 majoritairement utilisé au jour d'aujourd'hui.

En matière d'exemples nous pouvons citer, dans un premier temps, la voiture connectée considérée par les spécialistes comme le nouvel eldorado des hackers. Lors d'une démonstration, des ingénieurs ont pu prendre à distance le contrôle des ceintures de sécurité, de l'accélération et des freins de deux véhicules. L'année dernière le débat a été relancé lors de la mort d'un célèbre journaliste aux Etats-Unis dont les causes seraient un hack des commandes du véhicule.
Le second exemple dont on se souvient concerne Bernaby, cet ingénieur informatique q u i a pu prendre à distance le contrôle d'un pacemaker heureusement sans importance cette fois- ci pour l'utilisateur. Dans ce cas, la géolocalisation peut être une arme fatale. D'autant plus depuis l'apparition de Shodan. Ce moteur de recherche permet de détecter n'importe quel objet connecté du monde.
L'exemple qui nous concerne tous reste le détournement des objets connectés lié à l'univers de la maison. A l'heure actuelle désactiver une alarme est un jeu d'enfant. Grâce à une vidéo très instructive j'ai pu voir qu'en 10 secondes cela était possible. Aucune connaissance n'est nécessaire, il suffit simplement d'avoir installé au préalable l'application. Une simple recherche sur Shodan nous indique quelle maison dans les environs est connectée. A partir de là, il suffit de se relier au système grâce au Bluetooth et nous sommes dans la capacité d'ouvrir le portail, les volets etc.
En cas de perte de données par une entreprise ou de faille de sécurité, la législation est différente suivant si elle se trouve en Europe ou aux États-Unis. Seule la loi Nord-Américaine oblige une entreprise à déclarer une faille de sécurité et à mettre en œuvre des procédures en cas de vol ou perte de données, une harmonisation devrait voir le jour dans un avenir proche. De par la valeur que sont susceptibles de générer les data, la sécurisation des données est un enjeu crucial pour l'entreprise tant d'un point de vue stratégique et économique, que pour la confiance que le consommateur va accorder à celle-ci.
Outre les enjeux en matière de sécurité, l'immensité des données produites par les objets connectés soulève des questions quant à leur utilisation et notamment le droit d'accès de l'utilisateur à celles-ci.

B/ la protection de l'utilisateur, gage de confiance

L'historique des données de navigation, l'ensemble des informations laissées volontairement ou non par les utilisateurs rendent la frontière entre le monde virtuel et le monde physique de plus en plus poreuse, aussi les consommateurs sont-ils de plus en plus vigilants à l'égard des sociétés utilisatrices des données.

Outre la difficulté technique du traitement de la data émise par les objets connectés, les entreprises sont contraintes par la législation en vigueur plus ou moins contraignante selon le pays où nous nous trouvons. Ainsi, au sein de l'union européenne, la législation est très stricte notamment en matière de données à caractère personnel. Est considérée comme donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d'identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres (7). Pour déterminer si une personne est identifiable, il convient de considérer l'ensemble des moyens en vue de permettre son identification dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne.

L'utilisateur de l'objet connecté doit pouvoir modifier ou faire supprimer une donnée le concernant. En France, la CNIL veille notamment sur les données personnelles relatives à la santé d'une personne. Comme nous l'avons vu précédemment les objets connectés attraits à la santé seront majoritairement utilisés par le grand public. De ce fait, au sein de l'hexagone les datas devraient faire l'objet d'une attention toute particulière car considérées comme des données à caractère sensible. La CNIL a déjà commencé à travailler sur le sujet pour faire évoluer la loi et ainsi protéger le consommateur. Ainsi en cas de non-respect, l'entreprise s'expose à 5 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.

7 Définition donnée par la CNIL issue de la loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée


Le respect de la vie privée et des données personnelles préoccupe actuellement les gouvernements de l'UE, la CNIL et la commission européenne qui travaillent notamment sur le respect de l'anonymat et le principe de l'autorisation préalable {opt-in) pour le consommateur où il autorise certaines données {localisation, cookies..) Avec la loi Informatique et Libertés, la France a été pionnière dans la prise de conscience liée à l'importance de la protection des données personnelles.
Même si cette loi est parfois vécue comme une contrainte par les industriels, elle pourrait devenir un atout à l'exportation dans le domaine du Big Data, une sorte de gage de confiance pour l'utilisateur.
En effet, cette rigidité n'est pas présente dans tous les pays. Ainsi aux Etats-Unis ou encore en Corée du Sud, la data qu'elle soit à caractère personnel ou pas est davantage considérée comme un bien marchand. Ces gouvernements encouragent l'économie et réalisent le potentiel financier susceptible de se dégager des datas issus des objets connectés. Ils sont capables de faire la différence entre données de santé « importantes » et celles qui relèvent simplement du bien- être. Ainsi la loi est beaucoup moins contraignante. A mon avis, cette distinction permettra aux entreprises de diffuser plus massivement leurs produits. En France, le nombre important d'avertissements nourrissent les peurs des consommateurs. Quelles incidences sur la vie d'une personne que de savoir le nombre de pas faits dans la journée où ce qu'elle a mangé ? A première vue, l'incidence est moindre mais avec l'utilisation d'algorithmes de plus en plus poussés, le risque de générer des données « sensibles » augmente significativement.
A terme, le recoupement d'informations si précis pourrait-il engendrer des dérives ? Il est trop tôt pour se prononcer mais c'est un phénomène auquel il faudra porter une grande attention dans l'avenir notamment en encadrant juridiquement ces nouvelles informations.
Afin de limiter les craintes, de plus en plus d'entreprises intègrent cette dimension dans leur communication, en démontrant l'importance attachée à la protection de la vie privée de leurs utilisateurs.
Le risque est de brider un marché qui aurait la capacité de contribuer à la croissance de l'économie du pays. Aussi les pouvoirs publics doivent adapter la législation afin de concilier protection des données et soutien du secteur.La data est au centre de l'objet connecté, c'est elle qui lui a permis d'émerger. A quoi aurait servi un Ido s'il n'était pas capable de créer et de restituer des données ? Ce lien est réciproque, sans l'arrivée de l'objet connecté, la possession de datas aussi ciblée aurait- elle été possible un jour ?

Conclusion

La prolifération des objets connectés aura un impact conséquent sur le Big Data ; En effet comme nous avons pu le voir la quantité d'informations en circulation sera démultipliée et promet des retombées spectaculaires.

Nous en sommes aujourd'hui aux prémices, je suis persuadée que dans les années à venir les organisations arriveront à tirer encore plus de richesse de ces idO. Les entreprises investissent en masse pour proposer toujours le bon produit au moment opportun au bon client. Grâce à cette nouvelle mine d'or, nous pouvons imaginer que le CRM s'améliora encore davantage grâce à l'analyse prédictive que seront capables de faire les entreprises.

Cependant, un long travail est encore à réaliser, à l'heure actuelle une faible partie des acteurs arrive à extraire les smart datas tant le processus est complexe et couteux. Les seules à réellement tirer parti de cette nouvelle technologie, pour l'instant, sont les entreprises capables d'investir de lourds moyens financiers. Les premiers sont les géants de l'internet. Il est sûr que Google voit en cette nouvelle manière de collecter des datas un potentiel titanesque. Ainsi cette année, le géant a réalisé la deuxième plus grosse acquisition de son histoire : Nest Labs. 2.3 milliards d'euros ont été déboursés pour s'offrir cette start-up commercialisant un thermostat connecté. De plus, l'entreprise a déjà annoncé développer une plateforme permettant au propriétaire de l'objet de regrouper toutes ses données au sein d'une même interface. Nous pouvons donc imaginer que, dans le futur, des algorithmes seront capables de mettre en relation l'ensemble de données issues des différents objets connectés pour qualifier, encore un peu plus, la data et ouvrir des perspectives jusqu'alors insoupçonnées.

Entre la crainte d'être fiché et l'enthousiasme pour une nouvelle manière d'accéder aux données, une partie des consommateurs restent aujourd'hui sur leurs gardes, une sécurisation des données induite par l'évolution de la législation permettrait une plus grande transparence et, peut-être de dissiper les craintes quant à l'utilisation des informations.
Au-delà de l'aspect sociétal et de la vision quelque peu réfractaire d'une frange de citoyens, la majorité de la population semble prête à s'équiper. Comme nous avons pu le voir au cours de ce mémoire, il ne faut pas omettre le fait que la data nous est, en tant qu'utilisateur final, profitable. L'arrivée au fur et à mesure des objets ou vêtements connectés va permettre au consommateur de mieux appréhender cette mutation tant l'objet sera ancré dans notre quotidien. Il nous faut nous adapter à cette profusion de données et accepter son traitement car la ville de demain sera 100% connectée.

Sources

Alain CLAPAUD - Décidéo

Quel big data pour l'internet des objets [29 novembre 2013]

http://www.decideo.fr/Quel-Big-Data-pour-l-Internet-des-Objets_a6606.html

Auteur inconnu - SFR Business

Objets connectés et sécurisation des données, ce qu'il faut savoir [10 avril 2014]

http://room.sfrbusinessteam.fr/article/objets-connectes-securisation-donnees-faut-savoir

Auteur inconnu - Sales force

Santé et objets connectés : quel avenir ? [ 17 juillet 2014]

http://blogs.salesforce.com/fr/2014/07/sant%C3%A9-et-objets-connect%C3%A9s-quel- avenir-.html

Dominique FILIPPONE - Le monde informatique

Les objets connectés, un moteur de croissance pour les entreprises françaises [28 juillet 2014] http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-les-objets-connectes-un-moteur-de- croissance-pour-les-entreprises-francaises-58189.html

Dominique FILIPPONE - Le monde informatique

Les objets connectés vulnérables et exposés aux attaques [1 aout 2014]

lemondeinformatique.fr/actualites/lire-les-objets-connectes-vulnerables-et-exposes-aux- attaques-58235.html

Geoffray SYLVAIN - connected objects

CNlL : Protection des données personnelles et objets connectés

http://connected-objects.fr/2014/07/donnees-personnelles/

Gérard HASS - Journal du net

Big data : enjeux & risques juridiques [17 septembre 2014] http://www.journaldunet.com/ebusiness/expert/55180/big-data---enjeux---risques- juridiques.shtml

Marc ZAFFAGNI - Futura-Sciences

Objets connectés made in France [10 janvier 2014]

http://www.futura-sciences.com/magazines/high-tech/infos/actu/d/electronique-ces-2014- objets- connectes-made-in-france-51472/

Marie JUNG - 01business

Quelle place pour les objets connectés en entreprise ? [15 janvier 2014] http://pro.01net.com/editorial/612028/quelle-place-pour-les-objets-connectes-en- entreprise/

Nathalie SILBERT - Les Echos
L'lnternet des objets, big bang annoncé [06 novembre 2013] http://www.lesechos.fr/06/11/2013/LesEchos/21558-054-ECH_l-internet-des-objets--big- bang- annonce.htm#6rtBzgj4qvmm3CTx.99
Nicolas RAULINE - Les Echos
La France entend s'imposer dans l'lnternet des objets [18 juin 2014] http://www.lesechos.fr/tech- medias/hightech/0203577077139-la-france-entend-simposer- dans-linternet-des-objets-1014526.php?FDY6vu9Y97YMRBH4.99

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